L’écriture est ma demeure
Locataire de son âme
ses scansions sont mon vivier
Sa mélopée bouche fermée brode le canevas de mon enfance
Ses longues errances m’exilent et j’écoute l’écho de ses cris tus
L’écriture est ma demeure
J’y confie l’aveu de mes fuites dans les méandres de sa sève
Assidu devant toute peine
Artisan, taille ton bois d’ébène
Dans les nuits de l’effort consenti
Accepte les sombres gouffres et les errances
Demeure attelé aux parois verticales de l’impossible relâchement
Songe aux drapés silencieux des amours secrètes que révèle la lune-réverbère
Au crépuscule ton bois travaille
Résonne en lui l’appel de l’ouvrage
Les fibres filandreuses s’effilochent sous ton ciseau
et les feuilles écorces se déposent matériau
L’écriture sensiblement advient éclairer la peau rugueuse de tes souvenirs
L’écriture est ma demeure