Poésie sève

  • L’écriture est ma demeure

    Locataire de son âme
    ses scansions sont mon vivier

    Sa mélopée bouche fermée brode le canevas de mon enfance

    Ses longues errances m’exilent et j’écoute l’écho de ses cris tus

    L’écriture est ma demeure

    J’y confie l’aveu de mes fuites dans les méandres de sa sève

    Assidu devant toute peine

    Artisan, taille ton bois d’ébène

    Dans les nuits de l’effort consenti

    Accepte les sombres gouffres et les errances

    Demeure attelé aux parois verticales de l’impossible relâchement

    Songe aux drapés silencieux des amours secrètes que révèle la lune-réverbère

    Au crépuscule ton bois travaille

    Résonne en lui l’appel de l’ouvrage

    Les fibres filandreuses s’effilochent sous ton ciseau

    et les feuilles écorces se déposent matériau

    L’écriture sensiblement advient éclairer la peau rugueuse de tes souvenirs

    L’écriture est ma demeure